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L'utilisation de la couleur dans Loulou est remarquable. C'est une bombe à L'École des loisirs. Jamais, on n'avait vu, dans cette maison, couleurs aussi vives et aussi contrastées. C'est une révolution rue de Sèvres. Les fonds de page en aplat combinent le rouge, le jaune ou le bleu, et ces couleurs, séparées par de larges traits noirs qui architecturent l'espace, forment des compositions apparentées à des paysages abstraits.
Immobilité et mouvement alternent tout au long du livre. Immobilité de Tom le lapin, étendu sur son drap, mais, tout aussitôt après, course effrénée de l'oncle et du jeune loup, dont les pattes ne touchent
pas le sol ; tous deux volent jusqu'à l'instant de la collision frontale de l'oncle contre l'obstacle. Nouvelle scène d'immobilité au bord de la rivière, par contre vitesse maximale de déplacement
pendant les entraînements à la course. Retour à l'immobilité dans la scène du chagrin. Plaisir d'être ensemble dans l'immobilité, presque dans le recueillement, main dans la main, patte dans la patte, lors de la scène finale.
Un parcours à travers les albums et récits de Grégoire Solotareff / Michel Defourny.- In : La revue des livres pour enfants, n°220, décembre 2004.
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Loulou marque un tournant important dans le parcours de Solotareff. Il y abandonne les fonds blancs, les photocopies et découvre une palette beaucoup plus violente, de grands aplats cernés de noir et un épanouissement des formes sur l’ensemble de la double page.
Janine Kotwica
Loulou, Mathieu et les autres… : une rétrospective de l’œuvre de Grégoire Solotareff. Catalogue d’exposition, 2005.
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