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Plouf !
Autre exploration des ressources de la langue, celle de Plouf ! de Philippe Corentin (L'Ecole des loisirs, 1991). Nous ne parlerons ici ni de son format, si bien adapté à la fameuse histoire du loup tombé dans un puits (qui remonte au Roman de Renart via La Fontaine), ni de l'humour des transpositions (cochons et lapins remplaçant le renard), petites merveilles que tout le monde
aura remarquées, mais d'un texte exemplaire dans son rapport au lecteur, sorte d'équivalent de la parole en acte (on croit entendre le conteur-narrateur !) par ses modulations et sa mobilité sur la page, quasi chorégraphique, - qui fait entrer directement dans l'histoire : « Voilà, c'est l'histoire d'un loup qui a très faim, mais alors très, très faim ». Même procédé dans le livre suivant, L'Ogre, le loup, la petite fille et le gâteau (Ph. Corentin, L'Ecole des loisirs, 1995) : « c'est encore l'histoire d'un ogre, mais celle-là, elle est rigolote ». Le type de phrase employé fonctionne comme un signe de connivence avec le lecteur, rappelant que l'histoire qui commence vient à la suite de toutes les autres, bien connues, de loup, d'ogre, etc. L'Ogre... étant d'ailleurs une variante du « Passeur » (avec passeur, loup, chèvre et chou), conte adapté par Henri Pourrat, - qui est geste autant que parole : « II se penche pour l'attraper. Il se penche, il se penche et plouf !
Il tombe dans l'eau » dit le texte disposé dans l'image à l'endroit de la chute, - dont la langue mime l'action : « II s'aperçoit alors que le froma... Patatras ! Voilà le seau ! »
- puis la réflexion : ... « II s'aperçoit alors que le fromage n'était que le reflet de la lune ».
par la phrase et la disposition des lignes, comme par le jeu des pages : page du haut : « Hop ! le cochon descend » / page du bas : « Et hop ! le loup remonte. » et dont le ressort principal (au sens littéral du terme) est l'onomatopée !
Bernadette Gromer
Voix et voies de la poésie La langue en jeu(x).- In : La revue des livres pour enfants, n°165, septembre 1995.
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Dans Plouf ! de Philippe Corentin, toute la narration se fait au présent. Le narrateur verbal se donne comme un conteur (« Voilà, c'est l'histoire d'un loup qui a très faim... ») et il superpose le temps de l'histoire (« Un soir, au fond d'un puits... ») et celui de l'acte narratif (« Ça y est ! Les
lapins remontent »). Il s'institue ainsi tout à la fois raconteur et commentateur de sa propre histoire (« Ah ! Des pas. Brrr ! C'est un loup. Le loup du début, celui qui avait très, très faim »).
Isabelle Nières-Chevrel
L'analyse des livres d'images Narrateur visuel et narrateur verbal dans l'album pour enfants. – In : La revue des livres pour enfants, n°214, décembre 2003.
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