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« Le style s’est adapté au ton de l’histoire ; devenu plus caricatural, plus expressif, il est très proche de celui des « cartoons ». Les dessins sont moins linéaires car Tomi Ungerer, pour la première fois, joue de la transparence des lavis d’encres de couleurs afin de modeler les formes. »
« […] Les Trois Brigands, dont l’histoire se situe à la fois au Moyen-Age et dans le monde contemporain, propose une morale pour le moins originale : les méchants brigands qui ont kidnappé l’adorable petite Tiffany aux boucles blondes, se transforment, grâce à elle, en bienfaiteurs pour les orphelins. Avec les personnages des Trois Brigands, Tomi Ungerer attaque l’avarice, la prétention, l’insensibilité et la cruauté : le trait est aigu et incisif, rappelant celui de Georg Grosz, mais aussi celui de Wilhelm Busch. L’histoire des Trois Brigands présente par ailleurs des analogies avec une nouvelle de l’auteur de Max une Moritz intitulée La courageuse fille du meunier, où trois brigands veulent voler et assassiner la fille du meunier, laquelle se défend et les tue. A sa manière, Tomi Ungerer détourne la morale de l’histoire de Busch : « Ainsi une seule jeune fille peut souvent conduire trois hommes dans le malheur ! ».
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Ce qui frappe dans Les Trois Brigands, c’est l’importance du noir, et l’intensité des couleurs rouge et bleu électrique, déjà présentes dans Rufus. Aucune page n’est laissée en blanc, la couleur envahit tout. Le trait noir qui contourne les formes s’est épaissi ; en en un procédé inverse, la couleur pénètre dans les masses noires pour cloisonner les formes rappelant la technique du vitrail. Comme dans Rufus, Ungerer joue sur l’opposition entre la clarté et l’obscurité, avec des éclairages très intenses et dramatiques. »
Thérèse Willer
L’œuvre pour la jeunesse de Tomi Ungerer
: évolution stylistique et thématique.
In : Tomi Ungerer Prix Hans Christian Andersen 1998, sous la direction de Jean Perrot.
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